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jeudi 9 juin 2016

Quand le street art trouve sa place. Excursion dans les Frigos, à l'Aiguillage Galerie, en compagnie de Shadee K et d'autres artistes prometteurs

Vous êtes-vous déjà baladé dans le quartier de la célèbre bibliothèque François Mitterrand ?
C'est un quartier refait à neuf, pourvu d'immeubles de bureaux, d'habitations, de magasins, de services en tous genres...

Entre la station de métro de la ligne 14 (la plus récente et la première automatisée de Paris) et la Bibliothèque Nationale de France (Bibliothèque François Mitterrand), vous vous dirigez vers la Seine, quand en contrebas, sur votre droite vous apercevez ce bâtiment :


Cet endroit semble avoir été laissé en chantier et pourtant... Détrompez-vous !

Cet ancien entrepôt frigorifique ferroviaire est un bâtiment qui date de 1921. Il fut, il est vrai, laissé à l'abandon jusqu'en 1971. Dans les années 1980, "les Frigos" furent squattés et sont aujourd'hui toujours occupé mais cette fois-ci par des artistes locataires. Au fil du temps, s'appropriant les lieux, ils ont percé des fenêtres, aménagé les étages en logement, en ateliers, en studios de musique, de théâtre,...

Depuis la fin 2003, c'est la Mairie de Paris qui en est propriétaire.

En passant par là, j'ai donc découvert qu'il existait un lieu d'exposition dédié à l'art contemporain : l'Aiguillage Galerie qui propose d'ailleurs en ce moment une belle exposition de street art.

Enchantée de cette nouvelle, je suis revenue aux heures d'ouvertures et ai poussé la porte... Ô miracle, une belle surprise m'y attendait : LE Nounours !


J'ai d'abord été absorbée par ce nounours qui m'avait tant remonté le moral quand j'habitais à quelques pas encore de la capitale. J'avais juste à lever les yeux pour le trouver, dans le 13ème arrondissement ou les villes limitrophes.


Ce jour là, j'ai eu l'occasion d'être présentée à son créateur : Shadee K.
Le plus surprenant ? Son long parcours malgré son âge.


Dans le street art, souvent les personnes arrivant à se faire remarquer sont déjà proche de la quarantaine. Lui, arrive seulement à sa trentaine. En discutant avec lui, je me suis aperçue qu'il avait passé déjà près de la moitié de sa vie dans le Street Art... il a passé près de 15 ans à traverser les rues de Paris !


Petit, Shadee K s'intéressait déjà de près aux dessins animés et aux bandes dessinées. Il se lança dans le graffiti à à peine 15 ans pour impressionner sa belle puis se laisse peu à peu guider par sa passion pour le dessin.


 Toujours à la recherche de nouveaux supports, de nouvelles techniques, il se laisse aller sous l'impulsion du moment pour créer ses petits nounours : body paint, collages papier ou reliefs (pixellisation de l'objet au moyen de perles ou autres matériaux), peintures (souvent récupérées et retravaillées).


Mais Shadee K ne s'arrête pas là ! Il m'apprend  qu'il a déjà de nouvelles idées de dessins, qu'il a de nouveaux projets déjà en cours de réalisation en collaboration avec d'autres artistes aussi bien ancrés que lui dans le milieux du street art.

D'ailleurs, jusqu'au 25 Juin vous pouvez venir découvrir Shadee K et bien d'autres artistes aussi talentueux dans cet endroit "magique" à l'occasion d'une exposition collective.


Pour en savoir plus, la galerie est sur facebook et détient son propre site internet... j'y reviens prochainement avec grand plaisir pour voir les nouvelles oeuvres (oui, même les oeuvres accrochées changent au fil de l'expo) et boire un petit quelque chose.

Je vous invite vraiment à venir découvrir cette petite bulle artistique... mais ccchhhuuuuttt, c'est encore l'un des rares endroits où s'exprime librement le street art ;-)

lundi 11 avril 2016

L'amour court les rues

Ca me parait surprenant de ne pas vous avoir partagé d’article sur le Street Art !


Le Street Art suit sont évolution naturelle. Ayant débuté dans la rue (un peu comme la salsa) dans le but de revendiquer ses idées, s’exprimer, se faire entendre (voire insulter la terre entière ou au contraire délivrer un modèle de paix), elle finira par gagner le coeur des passants. Sous diverses formes, on passe du graffiti aux dessins les plus élaborés sans oublier les collages, sculptures et autres reliefs que l’on peut rencontrer.

Aujourd’hui, pour eux comme pour moi, c’est avec bonheur que l’on assiste à l’émergence de cette discipline ENFIN accueillie dans le monde en tant qu’Art.

Fraîchement arrivée à Paris il y a quelques années, une de mes plus grosses passions était Montmartre. J’y ai trouvé des graffitis, des tags… et Wilfrid, un des fils de la Butte la plus visitée et la plus aimée de « Panam ».

Lors de mes fameuses balades d’exploration parisienne, je voyais souvent sur les murs de Montmartre : « L’amour est mort » (réaliste et/ou réconfortant quand on se sent seul, à plusieurs, on l’est un peu moins).
Visiblement je ne suis pas la seule à trouver le message déprimant.

Puis, la lueur d’espoir est arrivée. Faisant suite à ce message sur Montmartre, on pouvait trouver non loin de là un autre message : « L’amour court les rues ».


J’ai d’abord cru que l’amour était mort d’abord pour renaître ensuite, que la personne désespérée était finalement tombée amoureuse… QUE NENNI, ce n’était pas la même écriture !

J’ai commencé à scruter les rues, à tomber par hasard sur ce joli message qui fait du bien au cœur et à l’âme.


On peut le retrouver sur les panneaux, les passages cloutés, les encombrants, les murs,… et même sur des T-shirt et des sacs.

Wilfrid ne se décrit pas comme un street artiste et pourtant, il faut en avoir du talent pour savoir faire un tel effet sur les gens. S’il n’est pas forcément reconnaissable par chacun d’entre nous, son « l’amour court les rues », lui, l’est beaucoup plus.

Je vous ai parlé toute à l’heure des ramas : régulièrement lorsque « l’amour » est posé sur des encombrants, il le poste sur Facebook et Instagram instaurant une sorte de chasse au trésor, ce qui a le don de réveiller notre âme d’enfant.

Le plus rapide aurait mis seulement 9 minutes à venir récupérer l’œuvre laissée en pleine rue.

D’ailleurs, l’autre jour, j’ai pu tomber sur Wilfrid en pleine action. Après avoir aperçu plein de planches pour les encombrants, dans un élan du cœur, il s’est mis à organiser une « Free Expo » lors de laquelle les passants ont été libres de se servir.


Je trouve que la vie est belle quand on voit l’amour partout, pas vous ?

Pour en savoir plus : « faisnétour »
On ne sait jamais que vous ne croisiez le chemin de « l’amour court les rues ».

L'amour court les rues