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vendredi 22 avril 2016

Des disparitions mystérieusement inquiétantes

La France est chargée d’histoires en matière de colonialisme.

Je vais vous parler d’une en particulier qui a fait grand bruit à Paris, du XVIème au XVIIIème siècle, affaire qui provoqua énormément d’émeutes.

 La colonisation dans les Amériques a débuté dès le XVIème siècle.

Carte de l'Amérique du Nord au XVIIème siècle
 
A cette époque, la France tente de coloniser l’Amérique du Nord. Du golfe du Saint Laurent aux montagnes rocheuses, jusqu’au golfe du Mexique, notre pays rebaptise ces terres : la Nouvelle-France.

Parmi ces contrées : la Louisiane.

En 1682, au nom du Roi de France (Louis XIV), elle est déclarée Française par René-Robert Cavelier de la Salle (explorateur et voyageur).
Sa colonisation débutera en 1699. Le territoire est riche, détenant de grandes plaines à terres fertiles, en cultures de chanvres, d’indigo, de lin et de tabac. La Louisiane est également réputée pour son commerce de fourrures.

Mais il a fallu trouver des volontaires !

Enfin, pas si volontaires que ça...

La France, pays mouvementé par les évènements de la Révolution, est fragile.
On trouve dans les rues parisiennes beaucoup de vagabonds, de gens qui vivent dans la misère, qui volent, qui commettent des actes de violence dans l'unique but de survivre. On vient les trouver pour leur promettre un autre avenir. On leur promet l’exil dans de nouvelles terres où un futur meilleur peut se construire.

On assiste à des arrestations arbitraires de plus en plus fréquentes (la Compagnie des Indes avait promis une prime aux archets du guet qui feraient enfermer des pauvres gens en attendant leur départ forcé vers le Mississippi).

Arrestations

C’est l’effervescence dans Paris, des affrontements éclatent entre la population et les archers du guet.
Le roi promulgue ordonnance sur ordonnance et le Parlement nombre d’arrêtés pour limiter les abus.

En 1720, on raconte dans toutes les classes parisiennes qu’il y a de nouveau pléthore de disparitions mystérieuses dans la capitale.

On enlève maintenant surtout des enfants.
Malgré les recherches et les plaintes faites à la police, nombre de disparitions d’enfants restent inexpliquées.

Ces nouvelles terres sont « vendues » comme le nouvel Eldorado. Du fait qu'il y a, en plus, énormément de disparitions, cela attire l’attention de la population et des ministres, qui commencent à mettre en relation ces deux sujets.

Le souvenir douloureux des crimes de La Voisin est encore présent dans la mémoire collective qui imagine le pire.
Certains parlent de magie, se laissent à penser que ces disparitions ont un lien avec les messes noires de l’Abbé Guibourg ou imaginent que ce sont les rois qui enlèvent les enfants pour se baigner joyeusement dans leur sang et ainsi se guérir de maladies plus ou moins honteuses.

Des assemblées se forment, le roi menace d’exil les artisans, les gens sans aveu, les domestiques s’ils continuent leurs regroupements.

Les 29 et 30 Avril 1770, une émeute éclate (en particulier rue du roi de Sicile), on prétend que même la maison du lieutenant de police (rue du Temple) est envahie par la foule en colère.

Le peuple est certain qu'il connait enfin la vérité, ils enlèvent les enfants, les adultes de Paris et de banlieue, dans le but de les emporter et de coloniser la Louisiane…

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La Louisiane au XVIIIème siècle


jeudi 21 avril 2016

Les toilettes publiques, ces machines de guerre

Quand on voyage, on respecte toujours quelques bases. On essaie d’apprendre à savoir dire : « Bonjour », « Au revoir », « Merci », « Excusez-moi », « Désolé, je ne parle pas…., parlez-vous… ? », « Au secours ».

Mais on oublie souvent de savoir dire une chose aussi importante, qui fait que si on ne connaît pas la traduction, les évènements peuvent très vite tourner à la catastrophe….

A Paris, comme dans les grandes villes, il y a toujours quelque chose d’ouvert. Mais, imaginez-vous demander un service à un parisien…. Des fois le parisien peut être sympa mais cette chose là, croyez-moi, si vous tombez sur un « rabougris », vous n’êtes pas prêts de la solutionner.

Ou pire !
Imaginez que TOUT est fermé, c’est la nuit, les rues sont désertes, pas de taxi, pas de transport en commun, pas de vélib’ (vélos parisiens), pas d’autolib’ (voitures électriques parisiennes) non plus et vous êtes au milieu de nulle part…. vous avez passé une « super soirée », fait de belles rencontres, mangé un « bon resto », dégusté une bonne bouteille (d’eau bien sûr) et … vous vous retrouvez avec une belle envie d’aller aux toilettes…


Mais que fait-on dans ces cas là ? Pipi sur l’avenue ? entre deux voitures ? dans une poubelle ?
On s’abstient vite quand on sait qu’on peut se faire amender de la modique somme de 450€ (maximum) pour avoir voulu éviter de se faire pipi dessus….

Mais il existe les toilettes publiques ! Bien sûr, ils sont fermés la nuit….

Un peu d’histoire.

Au Moyen-Âge, les toilettes s’appelaient des latrines. A Paris, on déféquait directement dans les rues, au beau milieu des ordures.

La chaise percée est arrivée chez les nobles au XVIème siècle.
Il y eut ensuite le pot de chambre pour les classes aisées qui fut interdit à Paris car il était interdit de décharger de l’eau ou toute autre substance dans les canaux des rues jusqu’au milieu du XIXème siècle.

Exemple de chaise percée

Ces conditions qui nous paraissent si peu hygiéniques conduisent à la création de la chasse d’eau (XVIème siècle) et des égouts (XIXème siècle).

En Août et Septembre 1880, Paris connaît la « Grande Puanteur » de la Seine. Suite à cet immonde évènement, Pasteur lance ses travaux sur les microbes qui permettent l’évolution du traitement des déchets en faisant établir la loi du tout à l’égout.

Les toilettes publiques au départ sont individuelles et collectives et également mixtes !
Pour les hommes, il existe des urinoirs individuels et des bassins/cuvettes à usage collectif.

A Paris, ces urinoirs portaient le nom de Vespasiennes. Il en existe encore une dernière, la seule survivante de Paris, située boulevard Arago, le long du mur de la Prison de la Santé.
Elles firent leur apparition en 1834 sous la volonté du Préfet de Seine Rambuteau. Les gens commencèrent à les appeler les colonne Rambuteau. Ne plaisant pas au Préfet, il les renomma vespasiennes en souvenir de l’Empereur Vespasien qui détenait l’établissement d’urinoirs publics de Rome.

Dernière vespasienne de Paris, boulevard Arago

La fin de la gratuité des toilettes publiques fut votée le 28 Janvier 1980 par le Conseil de Paris. Elle fut rétablie en 2006 même si certains sont payants (n’oubliez pas la « Dame Pipi » !).

Je me souviens même, pendant deux jours de suite avoir décelé de l'étonnement chez les touristes étrangers quand il s'agit de patienter autour de toilettes publics parisiens.
 
C'est vrai. J'en ai vu certains s'amuser de "l'autowash" (lavage automatique) de nos lieux d'aisance publics, les transformant en véritable machine de guerre. Observez, vous verrez !

mercredi 20 avril 2016

Tut tut l'Omnibus !

Difficile de parler de Paris sans parler de ses transports…

Aujourd’hui, il s’agit du premier gros réseau de transport en commun : l’omnibus.

Une première expérience est menée grâce à Blaise Pascal en 1662 avec des carrosses (environ 3 voitures de 8 places par véhicule). L’idée peut-être encore trop avant-gardiste pour fonctionner fait réagir le Parlement de Paris qui en interdit la hausse des tarifs et l’accès aux « gens de bras » (les soldats).
L’échec est cuisant en à peine 15 ans.

Les premiers omnibus apparaissent à Paris en 1828. Ils connaissent un grand succès dès leur mise en service.

Omnibus à cheval

Avec leurs dix lignes régulières, ils transportent deux millions et demi de voyageurs en à peine 6 mois ! (Paris compte entre 550 000 et 1 million d’habitants)

A partir de 1830, les compagnies se multiplient.
Il y a maintenant dix compagnies qui assurent une quarantaine de lignes pour une centaine de voitures.
Les noms sont choisis soigneusement tels que Favorites, Excellentes, Hirondelles Parisiennes, Citadines, …

Cependant, le Préfet de Seine met fin au développement du réseau devant la Commission Municipale.
La Compagnie Générale des Omnibus obtient le monopôle du réseau par décret impérial le 22 Février 1855.

La Compagnie dessert Paris, Vincennes et Courbevoie pendant 30 ans.

Plan des Omnibus et tramways

La création du Métropolitain pour l’Exposition Universelle de 1900 et le développement des lignes de tramway amèneront inévitablement l’Omnibus à disparaître de la Circulation.

mardi 19 avril 2016

L'allumeur de réverbère

C’était l’homme « brillant » de la nuit. Grâce à lui, même si vous rentriez tard, vous étiez capable de retrouver votre chemin et rentrer chez vous (ou ailleurs).


Avant le XIVème siècle, il était plus difficile de circuler la nuit tombée.

Il faut savoir que l’éclairage public fut décidé en 1318 sur Ordonnance Royale par le Roi de France Philippe V le Long.

Avant cet ordre, il n’existait que deux éclairages dans Paris : sur la Tour de Nesle et au cimetière des Innocents.

Autant dire qu’il y eu une modification conséquente des habitudes déplacement et des heures de promenades ont pu évoluer avec cette décision qui était de mettre en place un dispositif permettant de circuler ENFIN dans les rues, les routes, les chemins de Paris durant la nuit.

En 1667, Paris met en place un système d’éclairage nouveau. On installe aux extrêmités et au centre de chaque rue des lanternes à chandelles (on y trouvait l’inscription « Urbis securitas et nitor » soit sûreté et netteté de la ville).

A Paris, le réverbère s’installe dans les rues dès 1766. Il remplace les lanternes à chandelle, offrant un meilleur éclairage.

Au début, ce sont les habitants qui s’occupent de l’éclairage, désignés pour un an avec des heures précise à bien respecter.
Les habitudes et les besoins changeants (et avec la multiplication des lampadaires), on vit apparaître, durant la Révolution Industrielle, le métier de falotier (autrement dit allumeur de réverbère).

Falotier en action

 Mais les allumeurs ont un métier compliqué, malgré que certains lui confèrent une fonction primordiale comme Emile de la Bédollière :

« Gardez-vous d'assimiler l'Allumeur aux parias des autres administrations, au pauvre Cureur d’égouts, au Balayeur, plus misérable encore ! L'Allumeur, outre sa paie, reçoit de bonnes étrennes des propriétaires dont l'administration se charge d'éclairer les maisons ; et, s'il est frugal, s'il possède une femme laborieuse, il peut éluder l'hôpital, cette antichambre de la tombe pour la majorité des vieux ouvriers ».

Photographie : Helder Vinagre
 
Malgré tout, les falotiers sont soumis à de rudes conditions de travail : intempéries, horaires….
Il commence le matin par éteindre les réverbères puis se rend à son bureau à une heure stricte : 6h.

Il se doit d’être ponctuel. Ils sont nombreux à exercer, aussi, en période de remplacement, ils acceptent de modiques sommes.
 Il se doit également de s’occuper de l’entretien des réverbères (plaques, chapiteaux, porte-mèches) puis peut rentrer chez lui.

Oui, l’allumeur travaille en « coupure ». Le soir venu, il est tenu d’éclairer les rues (imaginez la pénibilité d’une telle tâche par temps de pluie, de vents, de neige). Il travaille chaque nuit en effectuant toujours les mêmes rondes.

Avec l’évolution industrielle et l’arrivée de l’électricité, la profession s’éteindra progressivement vers 1842 à Paris.

Une dernière chose.

Connaissez-vous l’effet réverbère ?

Photographe : Helder Vinagre

Si, je suis sûre que vous le connaissez, peut-être même pratiqué un jour…
Imaginez un ivrogne qui tente de rentrer chez lui mais qui fait tomber ses clefs par terre. Il ira les chercher sous le lampadaire, l’endroit le plus éclairé même s’il sait que ses clefs sont dans la pénombre, hors du halo de lumière…. Ajoutant un peu plus à la confusion.