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mardi 19 avril 2016

L'allumeur de réverbère

C’était l’homme « brillant » de la nuit. Grâce à lui, même si vous rentriez tard, vous étiez capable de retrouver votre chemin et rentrer chez vous (ou ailleurs).


Avant le XIVème siècle, il était plus difficile de circuler la nuit tombée.

Il faut savoir que l’éclairage public fut décidé en 1318 sur Ordonnance Royale par le Roi de France Philippe V le Long.

Avant cet ordre, il n’existait que deux éclairages dans Paris : sur la Tour de Nesle et au cimetière des Innocents.

Autant dire qu’il y eu une modification conséquente des habitudes déplacement et des heures de promenades ont pu évoluer avec cette décision qui était de mettre en place un dispositif permettant de circuler ENFIN dans les rues, les routes, les chemins de Paris durant la nuit.

En 1667, Paris met en place un système d’éclairage nouveau. On installe aux extrêmités et au centre de chaque rue des lanternes à chandelles (on y trouvait l’inscription « Urbis securitas et nitor » soit sûreté et netteté de la ville).

A Paris, le réverbère s’installe dans les rues dès 1766. Il remplace les lanternes à chandelle, offrant un meilleur éclairage.

Au début, ce sont les habitants qui s’occupent de l’éclairage, désignés pour un an avec des heures précise à bien respecter.
Les habitudes et les besoins changeants (et avec la multiplication des lampadaires), on vit apparaître, durant la Révolution Industrielle, le métier de falotier (autrement dit allumeur de réverbère).

Falotier en action

 Mais les allumeurs ont un métier compliqué, malgré que certains lui confèrent une fonction primordiale comme Emile de la Bédollière :

« Gardez-vous d'assimiler l'Allumeur aux parias des autres administrations, au pauvre Cureur d’égouts, au Balayeur, plus misérable encore ! L'Allumeur, outre sa paie, reçoit de bonnes étrennes des propriétaires dont l'administration se charge d'éclairer les maisons ; et, s'il est frugal, s'il possède une femme laborieuse, il peut éluder l'hôpital, cette antichambre de la tombe pour la majorité des vieux ouvriers ».

Photographie : Helder Vinagre
 
Malgré tout, les falotiers sont soumis à de rudes conditions de travail : intempéries, horaires….
Il commence le matin par éteindre les réverbères puis se rend à son bureau à une heure stricte : 6h.

Il se doit d’être ponctuel. Ils sont nombreux à exercer, aussi, en période de remplacement, ils acceptent de modiques sommes.
 Il se doit également de s’occuper de l’entretien des réverbères (plaques, chapiteaux, porte-mèches) puis peut rentrer chez lui.

Oui, l’allumeur travaille en « coupure ». Le soir venu, il est tenu d’éclairer les rues (imaginez la pénibilité d’une telle tâche par temps de pluie, de vents, de neige). Il travaille chaque nuit en effectuant toujours les mêmes rondes.

Avec l’évolution industrielle et l’arrivée de l’électricité, la profession s’éteindra progressivement vers 1842 à Paris.

Une dernière chose.

Connaissez-vous l’effet réverbère ?

Photographe : Helder Vinagre

Si, je suis sûre que vous le connaissez, peut-être même pratiqué un jour…
Imaginez un ivrogne qui tente de rentrer chez lui mais qui fait tomber ses clefs par terre. Il ira les chercher sous le lampadaire, l’endroit le plus éclairé même s’il sait que ses clefs sont dans la pénombre, hors du halo de lumière…. Ajoutant un peu plus à la confusion.

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