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mardi 24 mai 2016

M.E.R.D.E ou la première appellation gênante du RER A

Dans les années 1960, un projet (lancé en 1929) est sur le point d’aboutir.

La ville s’étendant et la population migrant « hors les murs », il a fallu trouver le moyen de transporter massivement ces habitants venant travailler au cœur de la capitale. Afin de permettre aux personnes vivant dans les banlieues parisiennes, le projet d’aménager un trajet continu des lignes existantes se fait vite attendre.

Je vais prendre l’exemple de notre cher RER A qui, au départ, s’arrêtait aux portes de Paris sans trajet direct jusqu’au centre. Il fallait auparavant s’arrêter à l’ancienne gare de Bastille pour ceux venant de l’Est et à la gare de Saint Lazare pour ceux venant de l’Ouest.


Agrandir la photo pour voir l'historique du tracé Est-Ouest

On souhaitait réunir ces deux lignes en un seul axe Est-Ouest afin de desservir les principaux grands pôles économiques se confondant sur l’axe historique de Paris :
-          La gare de Lyon
-          Les Halles
-          Opéra (l’Opéra Garnier)

Lors de la création de cet axe unique d’Est en Ouest passant par la Capitale, le Réseau Express Régional/RER portait alors le nom de Métro Express Régional/MER (concept qui aurait certainement été plus facile à comprendre pour nos touristes).


Seulement, je n’ai qu’un mot à vous dire : MERDE !

Excusez-moi pour cet excès de vulgarité, vous savez que ce n’est pas mon habitude mais je réitère : M.E.R.D.E (avouez que cela fait du bien).

M.E.R.D.E aurait dut être le nom de la ligne A du RER lors de son premier aménagement entre Etoile et La Défense.

Rappelons qu’à l’origine le RER n’est encore que le MER.

A sa mise en service le 19 Janvier 1970, le premier tronçon construit est celui de la Défense/Etoile.
Le nom de ce tronçon se doit d’être noté sur des panneaux pour en informer les voyageurs.

On demanda à un peintre de se charger de l’inscription de ces panneaux. Pour ce faire, il faudra écrire en majuscule et en gras les initiales du nom de la ligne Métro Express Régional Défense Etoile donnant l’acronyme M.E.R.D.E… ce qui est dérangeant.

Ce peintre soumis une nouvelle idée afin d’éviter cette coïncidence on ne peut plus gênante : transformer la première lettre de Métro en Réseau. L’idée fut acceptée bien sûr !

Tracé actuel de la ligne A du RER

Je trouve cette anecdote d’autant plus drôle quand on sait que Paris est LA ville de la crotte de chien selon bon nombre de touristes (rappelez-vous des caninettes, plus communément surnommées motocrottes, mises en services par Jacques Chirac lorsque celui-ci était Maire de Paris).

D’ailleurs, le britannique Stephen Clarke en a fait le titre de son livre. Il s’est amusé à y raconter sa première année dans notre ville que l’on préfère « lumière ».

P.S : c'est la ligne la plus fréquentée d'Europe :

lundi 23 mai 2016

Le fantôme du Pont Marie

Il était une fois une femme mariée qui avait une aventure extra-conjugale.

Sous l’Occupation allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale, la femme d’un résistant entretenait une relation amoureuse avec un officier nazi.

Nous pouvons penser que cette relation fut un moyen pour le résistant d’accéder à des informations sur les opérations menées par les troupes nazies.
 
Lors d’une rude nuit d’hiver, la femme donne rendez-vous à minuit à son époux sur le Pont Marie.


Une rumeur explique que la femme est morte de froid sur le pont, pendant qu’elle attendait son mari qui ne s’est jamais rendu au point de rencontre convenu.

La légende raconte également que son fantôme hanterait le pont. Le fantôme, en pleurs, se manifesterait dès la nuit tombée.

L’espoir de revoir son époux tant attendu serait la raison pour laquelle son esprit resterait accroché à l’endroit, la condamnant à l’attendre éternellement en sanglot…

dimanche 22 mai 2016

Colonne Médicis, une inconnue toujours debout

En se promenant du côté de Châtelet-les-Halles on aperçoit au loin, un bâtiment doté d’un dôme qui réfléchit la lumière, c’est la Bourse de Commerce. A côté, une colonne un peu étrange, avec en son sommet une forme sphérique et une antenne, c’est la Colonne de Médicis.


Nous savons qu’avant la Bourse de Commerce existait entre autres choses, un hôtel, l’Hôtel de Soisson ayant appartenu à Jean II de Nesles. Il fut offert, vendu, hérité… pour arriver jusqu’en 1498 à l’époque de Louis, duc d’Orléans et de Touraine (c’est son frère de Charles VI qui lui en fit cadeau). L’hôtel fut alors partagé en deux parties : d’un côté le couvent des filles repenties et de l’autre une partie départagée encore en deux pour des hôtels particuliers.

C’est en 1572, lorsque Catherine de Médicis décide de déménager du Château des Tuileries, que celle-ci s’installe dans un nouvel hôtel non loin de là, dans l’hôtel d’Albret que l’histoire de cette colonne commence.

De tous les hôtels présents dans le quartier à cette époque, peu ont subsisté à cause des aménagements des rues, jugées trop étroites quelques siècles plus tard.

Il reste néanmoins cette colonne, le seul vestige restant de l’hôtel construit par Catherine de Médicis en 1572. Haute de 31 mètres, elle fut érigée par son astrologue Cosmo Ruggieri (qui exerçait une grande influence sur la reine).

On peut y trouver une inscription latine sur sa base :


La base de la tour est un travail remarquable effectué par John Hege Aedium en collaboration avec l’architecte Bullant édifié en l’an 1572 puis l’édifice a été détruit en 1749 pour le marché des céréales au profit de ses citoyens, et le marché des bijoux et « Aediles » instauré au printemps.

(Veuillez m’excuser pour cette traduction assez aléatoire. J’ai tenté de traduire autant que j’ai pu avec mes connaissances, les traductions proposées, mon dictionnaire et mes souvenirs.)

Catherine et Cosimo montaient régulièrement pour admirer et étudier le ciel mais surtout pour réciter des incantations magiques et lire leur avenir dans les astres.

A l’intérieur de la colonne se situe un escalier en colimaçon de 147 marches menant à un cabinet supérieur, le cabinet de l’astrologue.

Les marches de cet escalier étaient autrefois composées de verrières. Elles ont aujourd’hui disparues, seule reste la charpente métallique de l’escalier.

On explique difficilement sa fonction précise, on sait juste qu’à chaque angle du chapiteau de la tour sont indiqués les points cardinaux.

A partir de 1615, à la mort de Ruggieri, la tour fut laissée à l’abandon, la laissant en ruines.

L’hôtel fut transformé en tripot où de nombreux joueurs se retrouvaient pour s’adonner aux plaisirs du jeu comme celui du Pharaon ou du Lansquenet avant d’être démoli en 1748.

En 1750, la ville de Paris devint l’heureuse propriétaire de cette colonne sans fonction fondamentale pour installer une fontaine et un cadran solaire.


Une légende raconte que durant les soirs d’orage on pourrait apercevoir une silhouette noire (ressemblant à Ruggieri) sous la lumière des éclairs au niveau de la structure de l’escalier…

samedi 21 mai 2016

Les dalles les plus célèbres de Paris

Proche du Métro Voltaire, en direction du Père Lachaise, vous arrivez à l’angle de la rue de la Roquette et de la Croix-Faubin.

Peut-être que vous n’aurez pas remarqué ce qui semble au départ être un changement de signalisation, des démarcations sur le sol. 


Pourtant, ce sont les dalles les plus célèbres de Paris.

Alors, une erreur, un oubli des services de la voierie de Paris ?


Point du tout !

Nous sommes proches de l’ancienne prison de la Petite Roquette, construite entre 1826 et 1830 qui eut vocation d’y enfermer des femmes (démolie en 1974) en lieu et place de l’actuel jardin public du Square de la Roquette.


Non loin de là se trouvait également la Grande Roquette, une prison où l’on enfermait les condamnés à mort. Ils étaient guillotinés à l’angle de la rue de la Roquette et de la Croix-Faubin.


Ces cinq dalles sont incrustées dans le sol pour rappeler l’emplacement de cette guillotine, ce qui valut à la prison le surnom d’Abbaye des Cinq-Pierres.

L’échafaud était calé par ces dalles. Elles permettaient de pouvoir y installer le couteau qui serait maintenu dans l’axe pour y glisser parfaitement jusqu’à la lunette. La guillotine n’était présente en permanence, ce marquage offrait la possibilité de pouvoir installer rapidement le matériel facilitant la mise en place et le bon déroulement des exécutions lors des décapitations.


Les exécutions capitales avaient surtout lieu en pleine nuit…

vendredi 20 mai 2016

La Tour de Jean-Sans-Peur

A une certaine époque Paris était plus petit.


Le mur d’enceinte entourant Paris servait de fortification pour protéger la ville des invasions. Le plus ancien tracé connu est le mur de Philippe Auguste construit à partir de la fin du XIIème siècle.

Au XVème siècle sur ce mur d’enceinte, se situait l’Hôtel d’Artois.
Le Duc de Bourgogne investit les lieux après avoir fait assassiner Louis d’Orléans (23 Novembre 1407), le frère du roi. Ce crime eut pour effet de provoquer une guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs.


Le Duc fit ériger une tour à son hôtel et s’y enferma, redoutant la terrible vengeance des Armagnacs. 


Cette tour de 23 mètres, rectangulaire et fortifiée est le seul vestige encore présent.

Au sommet, on peut y voir un donjon. Celui-ci contenait deux chambres de sûreté (la plus haute était pour le duc) séparés des étages inférieurs par une zone déserte d’une dizaine de mètres de hauteur. 
Cette zone avait pour fonction de protéger les chambres de sûreté des incendies et des assauts.


Au pied de la tour, on aperçoit sur le tympan de la porte d’entrée, les armes de Jean-Sans-Peur :
un niveau avec un fil à plomb. Chaque niveau est composé de rabot à chaque extrêmité (le rabot à une symbolique particulière, celle de mettre à mal le gourdin, emblème de Louis d’Orléans).


La légende de Jean-Sans-Peur est née…

jeudi 19 mai 2016

Une maison chinoise en plein coeur de Paris

Il existe une maison chinoise dans Paris…

COMMENT CA vous ne l’avez jamais vue ?


Elle est dans une rue proche du métro Courcelles, mais pour cela, il faut vouloir s’aventurer dans cette belle partie du VIIIème arrondissement.


Cette maison aux allures d’ambassade de Chine n’est en fait que la maison du feu Monsieur Ching Tsai Loo.


Arrivé à l’âge de 22 ans à Paris pour y étudier, Mr Loo est issu, on ne sait pas vraiment, certains parlent d’une bonne famille, tandis que d’autres le rattachent à une famille modeste de tisseurs de soie. Il était assez discret sur ses origines.

Il s’installe tout d’abord place de la Madeleine et se spécialise dans le commerce d’antiquités orientales, où il travaille pour le compte d’un patron chinois qui réinvestit les bénéfices dans ses activités politiques en Chine.


Il est apprécié de la clientèle parisienne et ouvre en 1908 son propre magasin rue Taitbout. Il devient le meilleur dans son domaine, la référence des collectionneurs et des conservateurs de musée du monde entier. Faisant d’énormes bénéfices, il ouvre une succursale à Londres.

La guerre éclate, nous sommes en 1914. Afin de retourner en Chine, il est contraint de passer par les Etats-Unis et découvre New York où il ouvre également une succursale.

En 1922, il achète un hôtel particulier rue de Courcelles qui devient vite trop étroit pour abriter la totalité de ses collections d’art asiatique.


Il fait alors intervenir un architecte français, Fernand Bloch, pour y construire l’habitation de ses rêves : une maison chinoise en plein cœur de Paris. La Pagode fut terminée en 1925.


C’est aujourd’hui une galerie d’art qui porte son nom, la Galerie CT Loo et Cie autrement appelée La Pagode ou The Pagoda Paris. Cette galerie a aujourd’hui une renommée internationale.


mercredi 18 mai 2016

La plus grande Cariatide de Paris

Au numéro 57 de la rue Turbigo, une façade particulière. On observe une gigantesque femme, sur presque toute la hauteur du bâtiment.


On la surnomme « la femme qu’à l’sac (appellation qui date de l’entre-deux-guerres), « le génie » ou encore « l’ange du bizarre ».

Une statue ayant la forme d’une femme s’appelle une cariatide. C’est la plus grande de Paris.


Sculptée dans la pierre, elle est haute de 3 étages. Elle fut façonnée dans un style néoclassique. Ce qui nous l’indique ? Ses drapés rappelant l’antiquité dont elle semble être issue. Dans sa main gauche, un brin de myrrhe, dans sa main droite, une bourse qu’il était d’usage d’utiliser lors du Second Empire (c’est l’élément qui trahit la période durant laquelle elle fut conçue).

En observant un peu plus, nous voyons que cette cariatide est dotée d’ailes qui semblent soutenir les balcons au-dessus d’elle, ce qui lui donne l’image d’une Charité bienveillante et protectrice.


Au départ, ce « génie » vu le jour dans le cadre d’un concours lancé par les Beaux-Arts en 1851 dans le but d’édifier un phare qui rendrait hommage à Fresnel (un physicien, inventeur de la lentille à échelons).

Cette œuvre fut réalisée par Auguste Emile Delange. Il en reprit l’image pour l’introduire sur l’immeuble qui fut construit en 1859.