Translate

Affichage des articles dont le libellé est superstitions et légendes folles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est superstitions et légendes folles. Afficher tous les articles

mercredi 7 décembre 2016

L'avenue Frochot, cette voie à laisser dans "sa" tranquilité

Quand on se promène dans les rues de Paris, le plus fabuleux se cache souvent derrière les portes.
Face à un bâtiment d'apparence vétuste, une grosse porte ancienne perdant sa peinture, on pense souvent à tord qu'on ne peut retirer aucune bonne expérience à s'y aventurer.
Et bien, on a le droit de se tromper... mais on a aussi le droit de pousser la porte.

Des trésors de petits jardinets ont souvent été aménagés dans des cours intérieures dont la présence nous échappe la plupart du temps.

C'est le cas de cette grosse grille verte...

Evidemment, afin de respecter la tranquillité des lieux déjà bien perturbés, je vous invite à faire le tour pour pouvoir apercevoir, depuis une autre grille, un lieu chargé d'histoire.


Ici, une voie privée.
A l'entrée, un concierge tenu de garder le lieu loin des indiscrets : l'avenue Frochot.

Contrairement à son nom, on pourrait plutôt parler de cité, ou, comme on aime à le dire, la Villa Frochot.
Une villa est une ruelle, une impasse bordée de maisons (ce que l'on appelle également hameau ou quartier privé).

Cette voie fut ouverte en 1830.

Elle porte le nom de Nicolas Frochot, préfet de Seine chargé de l'achat de terrains hors du Paris de l'époque sous la gouvernance de Napoléon 1er (il acheta des terrains pour les aménager en cimetières).

Les maisons aux numéros 1,2 et 3 dateraient du percement de l'avenue.
Les styles architecturaux sont variés. On passe du style néo-gothique au style colonial en passant par du baroque, du flamant ou encore de l'Art Nouveau.

Aujourd'hui habitée par de richissimes personnalités (acteurs, peintres,...), cette villa n'est accessible que sur invitation.

Mais nombre d'artiste y ont séjourné, habité, travaillé.

Au numéro 3, la cantatrice Régine Crespin y habita jusqu'à son décès en 2007.
Le numéro 4 aurait été habité par une salonnière du nom d'Apollonie Sabatier. Elle recevait régulièrement de la visite...
Le numéro 5 aurait vu séjourner Victor Hugo (incontestablement l'un des plus remarquables écrivains) en 1870 à son retour d'exil dans la maison appartenant à Paul Meurice romancier et dramaturge).
Au numéro 6, Henri Guinier (peintre) avait aménagé son atelier et Django Rheinhardt (guitariste, jazzman) y habitait et brûlait ses meubles en hiver pour se réchauffer.
Au numéro 7 demeurait Charles Lamoureux (violoniste et chef-d'orchestre). Le père d'Alexandre-Dumas y aurait également habité.
Au numéro 8 se trouvait la maison d'Eugène Brieux (auteur dramatique et journaliste).
Au numéro 13, Paul Merwart (peintre) avait installé son atelier.


Au numéro 15, le grand Toulouse-Lautrec (peintre) y demeurait en plus d'avoir aménagé un coin atelier... son atelier de nu.
Il semblerait qu'au numéro 16, Patrick Hernandez (auteur, compositeur et interprète) y ait écrit sa célèbre chanson "Born to be alive" en 1974-1975.
Au numéro 26 Théodore Chassériau (peintre) avait installé son atelier.

On dit également que Jules Dupré (peintre) eut son atelier en 1839 dans l'Avenue Frochot (attention, j'ai aussi lu qu'il habitait dans une rue derrière, la rue Bréda aujourd'hui la rue Henry-Monnier) ainsi que Jeanne Samary (actrice) qui servait souvent de modèle à son voisin Pierre-Auguste Renoir (peintre) qui logeait non loin de là, au 7 avenue Frochot, avec ses 3 fils.

La Rêverie - Auguste Renoir
(portrait de Jeanne Samary)

On sait que Paris est chargé d'histoires et le Manoir de Paris ne détient pas le monopole de l'horreur.

Cette avenue si tranquille a déjà fait parler d'elle dans la littérature.

Il est aisé de se souvenir des histoires de Fantômas. L'un de ses premiers méfaits connus a été réalisé dans la cité Frochot (lorsque le commissaire Juve et le journaliste Fandor s'installèrent discrètement chez le Docteur Chaleck, cité Frochot, en poste d'observation suite à l'assassinat sauvage d'une voisine).

Voici d'ailleurs une vidéo réalisée en 1913, perle du cinéma muet retraçant les histoires de Juve contre Fantômas.



.
Dans les faits, il y a une maison qui a fait beaucoup parler d'elle.

L'hôtel particulier, au numéro 1, de style néo-gothique, probablement construit à l'ouverture de la voie (certains parlent même de 1823). Elle détient un petit jardinet et, comme toutes les maisons de l'avenue, une grille à l'entrée (en plus de celle à l'entrée de l'avenue).

Cette maison a une histoire et une étiquette particulière. Il paraîtrait qu'elle est hantée.

Son histoire est bien triste. Elle commence avec Victor Massé, compositeur.
A l'époque, il acquiert la maison. Atteint de la maladie de Charcot, il resta paralysé un long moment au lit avant d'y décéder en 1884.

Le directeur des Folies Bergères acquis alors la maison.
A sa mort, c'est sa femme de ménage qui hérita du numéro 1.
Quelques temps plus tard, elle fut sauvagement assassinée dans les escaliers de cette maison à coups de tisonnier. Le meurtrier ne fut jamais retrouvé (je cherche encore les archives de presse...).

Suite à cette horrible tragédie, la maison fut laissée à l'abandon pendant près de 30 ans jusqu'à ce que Sylvie Vartan décide d'acheter l'hôtel particulier à la fin des années 1970, mais n'y habita jamais vraiment. L'histoire dit qu'elle s'est enfuit de la maison en courant...

On raconte que des cris retentissent dans la maison à la nuit tombée.
Certains disent que le meurtrier n'ayant jamais été retrouvé, l'âme de la femme errerait encore dans la maison et que celle-ci crierait chaque nuit.

Suite à cette affaire, c'est Matthieu Galey, critique de théâtre, qui se risqua en 1978 à posséder ce bien qui, soit disant, porterait malheur...
Dans son journal il aurait noté qu'en achetant la maison Frochot il "Aurait l'impression de m'endetter pour acheter mon tombeau gothique"...

Visionnaire ? Superstitieux ?

Quoiqu'il en soit, après quelques années d'occupation, il tomba malade et mourut... de la maladie de Charcot (tout comme Victor Massé).

Certains y voient un étrange lien, la maison serait maléfique.

Deux vieilles soeurs y auraient habité et auraient été assassinées au gourdin !

Il semblerait aussi que Patrick de Brou de Laurière ait été conquis par la maison. Il était, aux dires de certains, adepte de magie et aurait fait exorciser sa maison par un ami curé.

A son décès, la maison fut rachetée. Les nouveaux propriétaires disent ne jamais avoir assisté à de tels phénomènes.


Pour le bien de ses habitants, merci de rester à l'extérieur :-)

mercredi 30 novembre 2016

Un amour de cochon

Quand je suis arrivée à Paris il y a quelques années, l'histoire de la Capitale était omniprésente.
Ainsi, une enseigne, le nom d'un restaurant, d'un bar, vous renseignait sur l'histoire du lieux, de la rue, de la place et du quartier.

Paris bouge, évolue. Les rues s'ouvrent, se ferment, les maisons sont détruites, construites... les lieux de rassemblement changent de noms, ferment ou s'étendent.

Mais on peut dire aussi que Paris est presque un zoo ?!

Je vous avait parlé des éléphants, des crapauds, des singes et de toutes sortes d'animaux, je m'intéresse aujourd'hui à la place d'un animal étrangement introduit dans notre société : le cochon.


Il faut savoir qu'au Moyen-Âge le cochon faisait office d'animal de compagnie.
Hé oui ! Chacun se baladait avec son porcelet dans la rue... enfin presque.
Les porcs circulaient librement, clochette au cou, dans les ruelles du Paris médiéval.

Chaque famille avait son cochon. Celui-ci était tué (le jour du cochon) juste avant la période de grand froid après avoir été bien nourri (à cette époque ils nettoyaient les rues qui étaient de vraies décharges). Ainsi la famille avait de quoi se nourrir pour l'hiver.

Jusqu'en 1131, on pouvait donc voir ces cochons circuler. Mais le 13 Octobre 1131, un de ces cochons, épris de liberté, provoqua un incident sans pareil. Il croisa la route d'un cheval qui prit peur, ce qui fit tomber son cavalier. Le cavalier mourut des suites de sa chute. Le cavalier n'était autre que le Roi de France Philippe de France (fils de Louis VI le Gros).

Depuis ce jour, un édit royal stipule qu'il est interdit de laisser circuler les cochons. Seuls les cochons des antonins purent garder cette liberté.

Il y eu certainement quelques exceptions. Au moins une en tout cas ! Il existe une histoire si saugrenue à propos d'un cochon du 5ème arrondissement, qu'il devint une légende.

Imaginez la Sorbonne un peu moins étendue. Nous remontons deux siècles et nous retrouvons dans la rue des Cordiers. La rue des Cordiers n'existe plus bien sûr, elle a été remplacée en 1892 par un agrandissement de la Sorbonne.


A la fin du Second Empire, la rue était très fréquentée, notamment par des personnalités comme Rousseau et d'autres appartenant à l'extrême gauche.

On dit qu'il y existait une taverne ou un cabaret dans cette rue. Certains disent que le lieu était situé au n°20 de l'actuelle rue Cujas. C'était la Taverne du Cochon Fidèle tenue par le père Armant.
Le nom de cette buvette était inscrit pour rappeler la légende d'un cochon célèbre.

Il existe deux versions à l'origine de l'enseigne mais une seule rentrant dans le domaine de la légende.

La première version est justement cette légende. Il s'agit d'un cochon amoureux.

En effet, quand la rue des Cordiers existait encore, un cochon qui habitait non loin de là avait pris l'habitude de s'y promener.

Un bar venait de s'installer dans la rue des Cordiers. Une demoiselle de comptoir, petite blondinette, yeux clairs, nez retroussé ("tellement retroussé qu'il pouvait y pleuvoir dedans" parait-il). On disait d'elle qu'elle était si jolie que les étudiants en droit et en médecine s'y rendaient uniquement pour la voir...

La nouvelle arrivante avait fait chavirer le coeur du cochon. Celui-ci, passait chaque jour et s'arrêtait devant le troquet. Il passait un temps fou à regarder la demoiselle par la fenêtre depuis la rue.
De temps en temps, le tenancier, touché par cet amour improbable, laissait entrer l'animal qui s'empressait de rester près du comptoir où elle se trouvait. On lui proposait même du sucre ou du pain mais il refusait dignement avant de continuer à gambader près de sa blonde.

Ce cochon était célèbre dans le quartier pour son intelligence hors du commun. Il était si exceptionnel que l'on ne pouvait plus le mettre à mort comme un vulgaire cochon. Il fut alors gracié et élevé par le charcutier du voisinage.

Pendant un an, le cochon rendait des visites à sa belle jusqu'au jour où sa vie changea. Selon les versions, elle ne revint plus jamais ou elle revint mariée. Il ne fallut pas plus d'un mois à notre cochon pour mourir de chagrin.


Selon la deuxième version, l'enseigne était à l'origine d'un tableau accroché à l'intérieur sur lequel figurait un porc buvant de la bière pendant que le maître l'abreuve au banquet.

Ce lieu était un des fiefs de la Bohème. Edgar Monteil et Paul Tailliar s'y rendaient régulièrement. Ils disaient même que c'était "le véritable musée de la Bohème" car l'ensemble des murs étaient peints par Saint-louis Arnould avec des portraits de ses amis Murger, Nerval, Hégésippe Moreau, Musset, Hugo, Sand, Gautier, ...

Pour vous donner une idée de l'atmosphère, Paul Sébillot en a parlé dans ses mémoires :
"Dans la pièce d'entrée sordide, puante et enfumée, trônait Rigolette, la patronne, dont la platine, qui ne redoutait personne, suffisait pour mettre à la raison, les buveurs de toutes catégories, même ceux qu'on n'aime pas à rencontrer le soir dans des endroits isolés".

Je vous laisse choisir la version que vous préférez pour cet endroit "presque" perdu dans les méandres de l'Histoire.

dimanche 21 août 2016

La fête des fous

Aujourd’hui, dimanche, journée consacrée à la folie religieuse et spirituelle.

Connaissez-vous vraiment les évènements étranges véhiculés par la religion au Moyen-Âge ?

Du XIIème au XVIIème siècle, la France entière célébrait un évènement incroyable en Janvier : la Circoncision de Jésus. La France était donc un pays très ancré dans la religion chrétienne. Tellement rattachée à la religion, que l’on a pu assister à des débordements comme celle de la Fête des fous autrement appelée la Fête des Innocents.

Fête des Fous dans une église en 1752

A l’époque où le 1er Janvier n’était pas encore le premier jour de l’année, Décembre était déjà un mois de fête. On aimait célébrer Jésus et son entrée triomphante à dos d’âne dans Jérusalem.

Afin d’honorer ce saint âne, une fête vit le jour. Elle portait plusieurs noms bien sûr selon les villes de France. Certains l’appelaient la fête de l’âne, d’autres des sous-Diacres, des diacres saouls (et pour cause) mais également celle des Cornards, des Libertés de Décembre.

Des festivités étaient organisées sous 3 ou 4 jours à partir du 26 Décembre.
A l’occasion de cette fête des Fous, une cérémonie était organisée par les prêtres eux-mêmes.
Imaginez vous remonter le temps…. Vous êtes à Notre-Dame de Paris (ou à l’église Saint-Etienne, son ancienne cathédrale voisine), un 26 Décembre, en plein Moyen-Âge. Un homme est élu pour devenir l’abbé des fous.

Celui-ci est habillé avec tous les ornements pontificaux, à l’exception de la mitre remplacée par un « bourrelet ».

Vous êtes venu célébrer cet âne qui a enduré tant de choses pour Jésus, vous êtes venu pour assister à la messe. Une messe mystérieuse qui ne ressemble à aucune autre à ce jour.

Ce qui suit parait irréel.

Une fête qui traverse les frontières

En entrant dans Notre-Dame, vous vous engagez dans la nef. Le pape des fous, tranquille, face à vous, attend que vous preniez place pour débuter les festivités.

A ses côtés, les prêtres (les vrais), travestis d’une manière délirante. Habillés en femme, ils sont barbouillés de lie et masqués… Ils attendent eux aussi. Le nouvel abbé prend place, il s’assoie sur son trône prévu pour l’occasion.

Alors commence cette messe improbable. Le prêtre se met à réciter un discours pour le moins inconvenant. En réaction, les prêtres se mettent à chanter des chansons obscènes.

Sur l’autel, un encensoir est rempli de fumier afin d’embaumer le lieu. Certains disent même que de vieilles savates y furent brûlées. Les osties et le vin ont été troqués contre de la purée et du boudin.

Pendant que les prêtres dansent, se pavanent (on ne sait plus trop), les diacres et sous-diacres se précipitent sur l’autel afin de manger tout ce qu’ils peuvent y trouver pendant que le pape de ces quelques jours se divertit en jouant aux cartes, aux dés.

Le pontife, trônant sur son siège, commence à bénir ses nouveaux fidèles… en les injuriant !

Prononçant ses bénédictions, il demandait pour eux des maux de dents, un mal de foie, une poignée de pardons. Une méthode certainement insufflée par un fort besoin de repentance.

Une fois la messe prononcée, tous ces religieux se précipitaient dans les rues afin d’entamer une procession hors du commun. Au milieu des foules, ceux-ci lançaient en guise de bénédictions des injures accompagnés d’ordures ou de boue.


Il semblerait que la tradition de la fessée se pratiquait déjà à cette époque. On dit que les gens trouvés au lit un 28 Décembre (un des jours de fête), se voyaient punis par quelques claques sur le derrière (et bien plus si la sentence paraissait trop légère pour les circonstances : par exemple être sorti de son lit pour être conduit nu jusqu’à son église).

Sujette à de nombreux débordements, cette fête fut peu à peu interdite sur le territoire jusqu’à être interdite par les instances religieuses et civiles.

L’histoire que je viens de vous mentionner, vous en avez déjà entendu parlé si vous avez lu le roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (un résumé du livre...).

dimanche 7 août 2016

Quand les cultes anciens se pérennisent : Isis

Il parait que Paris regorge d’histoires secrètes.


Des assassinats, des morts mystérieuses, des disparitions inexpliquées, des fantômes, des messes noires, des exorcismes. Bref, des histoires légendaires dignes des plus grandes mythologies de ce monde.

Tout comme les pyramides égyptiennes, Paris a aussi ses propres sarcophages et lieux de superstition.
Je ne vous parle pas d’une des plus importantes civilisations pour rien.

Mais que viennent faire les Egyptiens en France ? Ou plutôt quel est le rapport de vous parler de l’Egypte ancienne quand mon sujet principal est Paris ?

Suite à ma découverte de la tourelle proche de la Tour Eiffel, je me suis intéressée de plus près aux grands monuments. Ce qui est drôle c’est que j’ai toujours préféré les petites histoires moins connues qu’à celles exposées plus facilement. Ce sont ces petites histoires qui m’ont ramené vers la grande et les monuments.

Je me suis intéressée à Notre-Dame ou plutôt à ce qui se visite en dessous… la Crypte.

Cette crypte m’a ramené vers l’histoire de l’ancienne Cathédrale Saint-Etienne qui était à l’emplacement actuel du parvis (et un peu sur celui de Notre-Dame aussi).

Dans mes recherches, j’ai appris que Notre-Dame et son parvis seraient l’axis parisiensis, centre où convergeraient des forces occultes circulant dans la capitale.

Le nœud tellurique (une sorte d’axes Nord-Sud, Est-Ouest d’ondes électromagnétiques qui quadrilleraient la surface de notre planète) se trouverait précisément à la place d’un ancien temple mérovingien que l’on aurait identifié comme étant l’église Saint-Etienne.

Avant l’invasion romaine d’ailleurs, on y priait des dieux celtes.

Nous devons remonter très loin dans le passé parisien pour en comprendre ses origines.

En 52 avant J.C, Paris n’est encore qu’un village installé sur une parcelle de terre au milieu des eaux de la Seine : l’Ile de la Cité.

La rive gauche et la rive droite sont encore à l’état sauvage. Les romains s’emparent de la cité qui devient désormais Lutèce..

Les terrains sont investis, on construit alors des édifices tels que des thermes ou des arènes (il en reste encore quelques vestiges).

C’est la pleine période romaine où règne Jules César, amant de Cléopatre. Les parisiens sont nommés les parisis ou parisii.

Plan de Lutèce

Selon une très vieille légende, une femme en noir serait arrivée sur l’Ile de la Cité en barque.
Certains prétendent que cette dame en noir était Isis elle-même.
Isis ?

La déesse égyptienne reconnue comme la grande maîtresse des arts de la magie mais aussi protectrice des navigateurs.

Certains voient en cet évènement l’origine du nom des parisii :
Parisii correspondrait à la barque (par) d’Isis (isii).

Certains avanceraient même que les premiers édifices religieux parisiens étaient des temples en l’honneur d’Isis (à Saint-Germain-des-Prés) et Thot (à Notre-Dame-des-Champs) voire même un temple dédié à Osiris.

Certains prétendent qu’il existait également une statue représentant Isis sur sa barque dans l’église de Saint-Germain-des-Prés qui fut détruite à coups de pioche au court du XVIIIème siècle.

Au fil des siècle, une minorité de personnes s’évertue à perpétuer cette tradition ancestrale qu’est le culte d’Isis. Certains même affirment avoir en possession le savoir transmis depuis le premier siècle avant notre ère.

Il paraitrait qu’à certaines dates, les fidèles se réuniraient dans la Crypte de Notre-Dame pour rendre hommage à Isis…


Mais il semblerait que cette affaire soit à prendre en considération. Lors de mes recherches, j’ai trouvé cette phrase qui, semblerait-il, provienne d’une Encyclopédie : « On ne peut raisonnablement douter qu'il n'y eut à Paris ou dans son voisinage un fameux temple dédié à la grande déesse des Égyptiens. Les anciennes chartes de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain-des-Prés en font mention elles disent que Clovis et Childebert, leurs fondateurs, leur ont assigné les dépouilles d'Isis et de son temple... »

Je n’ai pas réussi à retrouver la trace exacte de cette source et ne sait pas de quelle encyclopédie il peut s’agir.

Néanmoins, ce dont je suis plus certaine c’est que ce que l’on peut voir de nos propres yeux est plus facilement vérifiable par d’autre. Regardez un peu partout autour de vous quand vous êtes à Paris, on y croise beaucoup de statues rappelant celles de l’Egypte ancienne.

dimanche 24 juillet 2016

Le moine bourru, une légende aux origines bien tristes

Au début du XVIIème siècle, une légende urbaine vit le jour, facilitant la vie des nourrices et des parents parisiens. On arrivait enfin à faire taire les enfants trop agités et à changer un « petit monstre » en véritable angelot.

Je vous présente le Moine bourru (qui n'avait pas vraiment cet air là). Selon certains, on pourrait le définir comme un fantôme qui se doit d’être craint par tout à chacun. En effet, chaque habitant prendrait le risque de se retrouver maltraité par cette âme en peine, errante dans les rues parisiennes. Certains disent même qu’il n’apparaitrait qu’entre la Toussaint et Noël.

Il portait son nom pour la représentation que l’on s’en faisait : un moine habillé d’une bourre ou buré (étoffe grossière de laine brune, lourde, rêche et robuste).

Tenue du moine bourru

Il était également connu sous le nom de Moine gris car il se déplaçait principalement la nuit en vociférant des paroles se faisant identifier comme un des « apôtres » du diable. Lors de ses balades nocturnes, il poussait des hurlements déchirants et menaçants.

Il cognait, paraît-il, aux portes des maisons jusqu’à ce qu’une pauvre âme, naïve ou non informée, lui ouvre les portes de son foyer. Il sévissait alors…

Afin de me faire comprendre, je vais me baser sur certains textes de la littérature classique française qui font intervenir le Moine bourru. On retrouve sa trace, par exemple, dans Le Pédant Joué de Savinien de Cyrano de Bergerac :
« Je délie le moine bourru aux Avents de Noël, lui commande de rouler comme un tonneau, ou traîner à minuit les chaînes dans les rues, afin de tordre le cou à ceux qui mettront la tête aux fenêtres. »

Il apparaît dans nombre d’œuvres dont celle de Dom Juan de Molière ou encore dans le célèbre roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo.

Même le « Petit-Mozart des Champs-Elysées » (Jacques Offenbach, compositeur et violoncelliste français d’origine allemande) s’en est inspiré directement dans la création de son opérette Le moine bourru ou les deux potrons.

Ou encore Schumann avec Le moine bourru que l'on peut écouter avec la vidéo suivante (vous comprendrez pourquoi cette mélodie est si triste) :

Schumann - Le moine bourru interprété par Knecht Reprecht

La légende évoluant, le temps participa à modifier un peu son image jusqu’à faire de lui une sorte de lutin se jouant des habitants qui leur prépare des tours de passe-passe.

Il prit également le nom de Tasteur. On le disait « à l’aise » avec les gentes dames… D’après Malherbe, le moine avait le bout de ses doigts en forme d’argots de fer avec lesquels « il fouilloit les femmes ». La rumeur précisait qu’il existait un Tasteur par quartier… de quoi effrayer les enfants et les femmes.

Certaines versions sont bien différentes.

L’une d’entre elles le porte au rang de chef d’une tribu de fantômes. On disait du moine bourru qu’il était débauché et qu’il se serait noyé dans la Grange-Batelière (un cours qui s’écoulait encore à l’époque en surface avant d’être lui aussi transformé en égout). 

Cours de la Grange-Batelière

Le moine se tenait le long de la rivière pour faire bénéficier de l’eau potable aux Lutéciens. Condamné par son excès de bonté, il serait amené à vider toute l’eau de la rivière jusqu’à l’assécher. Afin d’éviter cette catastrophe, il aurait passé un accord avec le diable l’obligeant à lui sacrifier quelques âmes chrétiennes avant que l’aube ne vienne. Pour ce faire, il se promènerait avec son groupe de fantômes pour commettre leurs crimes…

De cette légende est né un dicton parisien :

« Moine bourru dont on se moque, à Paris l’effroi des enfants, esprits bourbeux, je vous invoque ».

J’hésite à vous le dire… mais, une légende se doit d’être expliquée et j’avoue avoir été touchée par son histoire.

Il semblerait que cette légende ait pris ses origines dans la ville de Marcigny (en Saône et Loire) pour gagner peu à peu la capitale.

Il s’agirait en fait du père Fouessard (équivalent du père Fouettard ?), un moine des Récollets qui était droit et généreux (le premier Récollet de Paris date de 1603). Il avait la malchance d’être malformé, ce qui en faisait la risée des enfants à l’imagination débordante et apeurés à la vue de cet homme d’Eglise pas comme les autres ainsi qu’auprès des personnes malintentionnées.

Afin de ne pas être plus exposé aux nombreuses brimades, le moine sortait à la tombée de la nuit. Il était toujours en compagnie d’animaux à qui il s’adressait. On dit même qu’il caressait les poissons !
Ses frères et l’abbé y voyaient diablerie.

C’est une version de l’histoire qui pourrait permettre d’éclairer la naissance de cette légende qui parait tirer ses origines d’une bien triste histoire.

dimanche 17 juillet 2016

Montmartre : des anciennes carrières ayant ses anges et ses démons

A Paris, nous savons que sous ces nombreux monts, ces nombreux parcs, ces rues, se cachent des anciennes carrières souterraines ou à ciel ouvert. Outre les Buttes Chaumont très connues pour être d’anciennes carrières de gypse (une légende non fondée perdure d’ailleurs autour de ces carrières : les gypses auraient été transportées jusqu’aux Etats-Unis pour construire la Maison Blanche de Washington DC), la Butte Montmartre sa voisine, était, elle aussi pourvue de carrières de plâtre.


(C’est d’ailleurs en partie à cause du plâtre et de sa poussière s’envolant et se déposant un peu partout sur le passage des chariottes transportant les roches, que la place face au célèbre Moulin Rouge s’appelle la Place Blanche. La farine y est également pour quelque chose…)

Seulement voilà.

On dit qu’au milieu du XVIIIème siècle, beaucoup de personnes allaient roder vers les carrières de Montmartre (qui seraient disposées, entre autres, à l’actuel emplacement de la place Saint-Pierre)… 
On y croisait des brigands, des bandits, des voyous, des hommes de mauvaise foix, des rodeurs, des vagabonds, … vous l’aurez compris, des gens que l’on dit « peu fréquentables ».

Pourtant à cette époque, un certain Sieur Delafosse était réputé dans les coins. Il attirait bon nombre de visiteurs dont de nombreuses femmes dans les carrières. Les visiteurs tous plus curieux les uns que les autres, certains complètement dérangés disait-on, se rendaient aux carrières pour invoquer et appeler le Diable. 

Carrières de Montmartre : Buttes Montmartre - Grandes Carrières dessin de Eug. Deshayes

Profitant pleinement de la crédulité de certains et du flou persistant autour des légendes urbaines, Delafosse ne trompait pas (enfin…) ses visiteurs : moyennant quelques sous, il s’aventurait avec eux pour apercevoir le Diable mais jamais ne promettait son apparition.

Carrières de gypse-plâtre de Montmartre

Montmartre avait quand même établit un certain équilibre, car Jésus, ou plutôt son tombeau, nous ferait l’honneur d’être abrité quelque part dans ces carrières… mais ça, c’est une autre histoire !

dimanche 10 juillet 2016

Alexis Vincent Charles Berbiguier de Terre-Neuve-du-Thym, un personnage unique en son genre

Il fut une époque où quelqu’un pensait qu’il existait de vils esprits se promenant dans les maisons.
Il fut une époque où quelqu’un pensait pouvoir les repérer et les capturer.

Ce quelqu’un ?

Alexis Vincent Charles Berbiguier de Terre-Neuve-du-Thym (1764 ou 1776 – 1851).




Il croyait véritablement que des esprits diaboliques s’introduisaient dans les foyers parisiens et provoquaient des drames tous plus affreux les uns que les autres.

Ce « Ghostbuster » des XVIIIème et XIXème siècles pensait que l’esprit malin était capable de se glisser dans chaque recoin des foyers, qu’il s’immisçait dans la vie intime des gens sans que le mari n’en soit responsable.

Mais personne n’y échappait. Pour preuve, Alexis Vincent Charles, vivant au 54 rue Mazarine, pensait que sa demeure elle-même était envahie d’êtres maléfiques.

Il décida de créer une machine capable de détecter leur présence et les suivre dans leur évolution qui portait le nom de Baquet Révélateur. Dans ce projet un peu fou (on peut le dire), il décida, après les avoir repéré, de les capturer dans… des bouteilles !

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Ces petits démons auraient aussi été capables de prendre possession du corps de certains membres importants de la société. Notre sorcier, captureur d’esprit certifiait que certains juges, avocats, prêtres et mêmes bourreaux étaient possédés. C’était d’ailleurs l’explication qu’il avançait pour le cas de Jeanne d’Arc : elle-même aurait été habitée par un vil esprit.

Il avouait de temps à autre user de la magie contre ses ennemis, un procédé voisin des pratiques vaudou : planter des pics dans un cœur de bœuf, jeter du souffre dans le feu….

Bien sûr convaincu des biens-faits de ses captures, il souhaitait offrir un échantillon de ses bouteilles à diverses institutions tel que le Musée d’Histoire Naturel. Tous, ont refusé son geste.

Bien qu’Alexis Vincent Charles parlait de l’existence de divers êtres maléfiques tels que succubes, incubes, lutins, … mais avait l’air d’être plutôt fixé sur les farfadets.

Inspiré par ce sujet, il écrivit un ouvrage en 3 volumes :

Roman à caractère autobiographique (analyse ici)

Grâce à lui, l’imagination populaire débordait. Beaucoup croyaient en l’existence de ces êtres démoniaques. Sa personnalité unique en son genre inspira une complainte populaire : Le Fléau des Farfadets.

Ayant été médicalement assisté par le père de la Psychothérapie, c’est un des exemples cités en Psychiatrie. Il fut traité à l’Hôpital de la Salpêtrière (en vain) par Philippe Pinel et fut reconnu comme le plus célèbre des persécutés. La structure de sa personnalité nous permet de reconnaître en lui l’archétype du fou littéraire.

Si son histoire vous intéresse, notre ami wiki, propose d’autres renseignements sur Alexis Vincent Charles Berbiguier-de-Terre-Neuve-du-Thym.

Si à tout hasard vous vous reconnaissez en ce personnage (ou si tout simplement le domaine de la psychanalyse vous intéresse), n’hésitez pas à aller visiter cet endroit.

P.S : Les on-dit murmurent qu'il confondait les farfadets et les puces !

dimanche 19 juin 2016

Bonjour, Je suis Catherine Monvoisin, sorcière et empoisonneuse

En son temps, sous le règne de Louis XIV, Catherine Deshayes était une femme de grand renom.
Seulement en son temps ?

Rien n’est moins sûr…

Si je vous dis que Catherine, de son nom d’épouse Monvoisin, était surnommée La Voisin ? Et si je vous rappelle qu’elle fut une des sorcières dont le souvenir perdure encore aujourd’hui ?

Oui, La Voisin, l’empoisonneuse, vivait dans un ancien lieu-dit, encore hors des murs de Paris. Elle habitait dans un quartier tout nouvellement organisé le long de la contrescarpe de l’enceinte de Charles V portant le nom de la Villeneuse-sur-Gravois.

Elle y logeait dans une maison dotée d’une entrée principale à l’avant, donnant sur l’actuelle rue du Beauregard (on estime que sa demeure se situait sur l’emplacement des actuels numéros 23 et 25 de la rue) et d’une entrée secondaire à l’arrière, permettant d’y accéder par la rue de Lune en toute discrétion.

La Voisin recevait ses clients dans une tenue faite sur mesure. Vêtue d’une robe et d’un manteau, elle proposait différents services. Ici, vous pouviez vous faire prédire l’avenir, repartir avec un philtre d’amour, vous faire avorter ou même retourner à votre vie sans votre nouveau-né non désiré, assassiné devant vous, le faisant passer pour l’objet du démon…

Elle n’agissait pas forcément seule bien sûr. Elle aurait trafiqué les poisons découverts par un certain Exili (un Italien) avec son ami Le Sage, homme d’Eglise et la Vigoureux. Ils en faisaient une poudre qu’ils ont appelé : la poudre de succession.

Si l’on ne connaissait pas les affaires de La Voisin, celle-ci présentait ses services en se vantant de répondre à la soif des curieux, d’apaiser les âmes par des prédictions, …

Bien que le tout Paris s’y pressait (il paraitrait que Madame de Montespan, favorite du Roi, venait lui rendre visite), sa clientèle était surtout composée de femmes qui souhaitaient savoir quand leur mari serait amené à disparaitre enfin.
Elle proposait des solutions diverses et variées. Souvent, elle leur fournissait la poudre magique capable de leur faire accéder rapidement à la succession ou au remariage. Elle pratiquait les ensorcellements amoureux et les messes noires.

Les parisiens sont en effervescence. Une mort prématurée ? C’est La Voisin. Un accident brutal dont on ne trouve pas d’explication ? C’est encore La Voisin. Vous vous posez encore des questions et vous ne trouvez pas la réponse ? Mais c’est toujours La Voisin !!

Le bruit courait que La Voisin avait fait vœux d’empoisonner le roi lui-même, ce qui lui valut de nombreuses visites du lieutenant de police La Reynie.

Estampes représentant Gabriel-Nicolas de la Reynie
(par Nicolas de Larmessin)

Le roi créé une sorte de lieux que l’on pourrait appeler aujourd’hui « cellule de crise » : la Chambre Ardente (c’est un tribunal organisé de manière exceptionnelle quand la situation relève de la sécurité de l’Etat. Cette chambre existe depuis le règne de François Ier en 1535).

Lors des multiples interrogatoires dans la Chambre Ardente, La Voisin finit par dénoncer beaucoup de ses clients. Quelques-uns étaient des personnes de haute distinction, ce qui causa des incidents au sein de la grande société. On accusa, par exemple, la Marquise de Soissons d’avoir empoisonné son mari.

Et pourtant, La Voisin lutta longtemps pour ne pas parler de la favorite… Quand le roi appris la nouvelle, il n’en revenait pas. Sa maîtresse lui aurait-elle fait absorber des philtres d’amour ? Aurait-elle rendu la reine stérile ? De colère, il aurait lui-même arrêté les interrogatoires et jeté au feu les papiers incriminant la sorcière.

Après un long procès de quatorze mois, elle fut condamnée au bûcher pour sorcellerie et empoisonnement.

Le jour de son exécution, le 22 Février 1680, Madame de Sévigné était présente. Elle racontait à sa fille :
« A cinq heures on la lia ; et, avec une torche à la main, elle parut dans le tombereau, habillée de blanc : c’est une sorte d’habit pour être brûlée. Elle était fort rouge, et l’on voyait qu’elle repoussait le confesseur et le crucifix avec violence. Nous la vîmes passer à l’hôtel de Sully, madame de Chaulnes, madame de Sully, la comtesse de Fiesque et bien d’autres. A Notre-Dame, elle ne voulut jamais prononcer l’amende honorable, et à la Grève elle se défendit autant qu’elle put de sortir du tombereau : on l’en tira de force. On la mit sur le bûcher, assise et liée avec du fer ; on la couvrit de paille. Elle jura beaucoup, elle repoussa la paille cinq ou six fois ; mais enfin le feu s’augmenta, et on la perdit de vue, et ses cendres sont en l’air présentement. »

Elle fut brûlée vive sur la place de Grève (actuel parvis de l’Hôtel de Ville), à l’âge de 40 ans.

dimanche 12 juin 2016

Le Fantôme de Jacques de Molay

Au XIVe siècle, la présence des Templiers devient trop imposante au sein du royaume gouverné par le roi Philippe le Bel. A leur retour de la Terre Sainte, le roi pressent leur organisation comme une menace pour son trône.

Le roi décide qu'il va récupérer la fortune de l'Ordre du Temple et exterminer les Templiers jusqu'au dernier.


Sur ordre du roi, le 13 Octobre 1307, les Templiers sont arrêtés et torturés dans le but de leur faire admettre des crimes qu'ils n'auraient pas commis (et connaitre l'emplacement de leur trésor).
Cette arrestation s'est faite un vendredi. Beaucoup y ont vu comme l'origine d'une malédiction, celle du vendredi 13.

Après 7 longues années durant lesquelles se succèdent de nombreuses arrestations, actes de torture et exécutions, vient le jour où tout bascule : 18 Mars 1314. Le roi arrive au terme de son projet et fait arrêter le dernier Grand Maître de L'ordre des Templiers en compagnie de quelques compagnons. Ils sont exécutés sur le bûcher sur l'îlot Juifs (au bout de l'actuelle île de la Cité).

Jacques de Molay, accusé gravement, aurait déclaré :
" Dieu sait qui a tort et a péché, et le malheur s'abattra bientôt sur ceux qui nous condamnent à tort. Dieu vengera notre mort. Seigneur sachez que, en vérité, tous ceux qui nous sont contraires par nous auront à souffrir ".

Une légende nous explique que, pendant qu'il brûlait, Jacques de Molay aurait juré quelque chose comme :
" Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !" 

Cette déclaration aurait été le début d'une longue, très loooongue malédiction.

Quelques jours après leur mort, des corbeaux auraient envahi les toits du Palais Royal (il ne faut pas oublier que le corbeau à une certaine symbolique, celle de la mort, du mauvais présage et associé au diable).

Le pape Clément V meurt d'étouffement le 20 Avril 1314 et Philippe le Bel en 19 Novembre 1314 d'un probable accident vasculaire cérébral.

Les 3 fils du roi décédèrent avant de laisser une descendance masculine, ce qui marqua la fin de la lignée des capétiens directs.

On dit également que lorsque la tête de Louis XVI fut coupée, un cri serait surgit de la foule :
"Jacques de Molay, tu es vengé !"


On dit que depuis le jour de sa mort, le fantôme de Jacques de Molay se promènerait toujours autour du lieu de son exécution (place Dauphine, Pont-Neuf et Square du vert Galant).

lundi 23 mai 2016

Le fantôme du Pont Marie

Il était une fois une femme mariée qui avait une aventure extra-conjugale.

Sous l’Occupation allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale, la femme d’un résistant entretenait une relation amoureuse avec un officier nazi.

Nous pouvons penser que cette relation fut un moyen pour le résistant d’accéder à des informations sur les opérations menées par les troupes nazies.
 
Lors d’une rude nuit d’hiver, la femme donne rendez-vous à minuit à son époux sur le Pont Marie.


Une rumeur explique que la femme est morte de froid sur le pont, pendant qu’elle attendait son mari qui ne s’est jamais rendu au point de rencontre convenu.

La légende raconte également que son fantôme hanterait le pont. Le fantôme, en pleurs, se manifesterait dès la nuit tombée.

L’espoir de revoir son époux tant attendu serait la raison pour laquelle son esprit resterait accroché à l’endroit, la condamnant à l’attendre éternellement en sanglot…

dimanche 22 mai 2016

Colonne Médicis, une inconnue toujours debout

En se promenant du côté de Châtelet-les-Halles on aperçoit au loin, un bâtiment doté d’un dôme qui réfléchit la lumière, c’est la Bourse de Commerce. A côté, une colonne un peu étrange, avec en son sommet une forme sphérique et une antenne, c’est la Colonne de Médicis.


Nous savons qu’avant la Bourse de Commerce existait entre autres choses, un hôtel, l’Hôtel de Soisson ayant appartenu à Jean II de Nesles. Il fut offert, vendu, hérité… pour arriver jusqu’en 1498 à l’époque de Louis, duc d’Orléans et de Touraine (c’est son frère de Charles VI qui lui en fit cadeau). L’hôtel fut alors partagé en deux parties : d’un côté le couvent des filles repenties et de l’autre une partie départagée encore en deux pour des hôtels particuliers.

C’est en 1572, lorsque Catherine de Médicis décide de déménager du Château des Tuileries, que celle-ci s’installe dans un nouvel hôtel non loin de là, dans l’hôtel d’Albret que l’histoire de cette colonne commence.

De tous les hôtels présents dans le quartier à cette époque, peu ont subsisté à cause des aménagements des rues, jugées trop étroites quelques siècles plus tard.

Il reste néanmoins cette colonne, le seul vestige restant de l’hôtel construit par Catherine de Médicis en 1572. Haute de 31 mètres, elle fut érigée par son astrologue Cosmo Ruggieri (qui exerçait une grande influence sur la reine).

On peut y trouver une inscription latine sur sa base :


La base de la tour est un travail remarquable effectué par John Hege Aedium en collaboration avec l’architecte Bullant édifié en l’an 1572 puis l’édifice a été détruit en 1749 pour le marché des céréales au profit de ses citoyens, et le marché des bijoux et « Aediles » instauré au printemps.

(Veuillez m’excuser pour cette traduction assez aléatoire. J’ai tenté de traduire autant que j’ai pu avec mes connaissances, les traductions proposées, mon dictionnaire et mes souvenirs.)

Catherine et Cosimo montaient régulièrement pour admirer et étudier le ciel mais surtout pour réciter des incantations magiques et lire leur avenir dans les astres.

A l’intérieur de la colonne se situe un escalier en colimaçon de 147 marches menant à un cabinet supérieur, le cabinet de l’astrologue.

Les marches de cet escalier étaient autrefois composées de verrières. Elles ont aujourd’hui disparues, seule reste la charpente métallique de l’escalier.

On explique difficilement sa fonction précise, on sait juste qu’à chaque angle du chapiteau de la tour sont indiqués les points cardinaux.

A partir de 1615, à la mort de Ruggieri, la tour fut laissée à l’abandon, la laissant en ruines.

L’hôtel fut transformé en tripot où de nombreux joueurs se retrouvaient pour s’adonner aux plaisirs du jeu comme celui du Pharaon ou du Lansquenet avant d’être démoli en 1748.

En 1750, la ville de Paris devint l’heureuse propriétaire de cette colonne sans fonction fondamentale pour installer une fontaine et un cadran solaire.


Une légende raconte que durant les soirs d’orage on pourrait apercevoir une silhouette noire (ressemblant à Ruggieri) sous la lumière des éclairs au niveau de la structure de l’escalier…

lundi 16 mai 2016

L'homme rouge des Tuileries (Jean l'Ecorcheur)

Il était une fois, une reine (disparue) dans un château (qui n’existe plus).

La reine Catherine était une femme réputée pour sa passion : les forces occultes. Elle aimait improviser ou organiser des réunions pendant lesquelles les membres invoquaient les esprits. 

Catherine de Médicis habitait dans le château des Tuileries, palais à proximité du Louvre. 


Le quartier était un des quartiers les plus sales de la capitale, on y trouvait beaucoup de mendiants, de brigands, de rues « coupe-gorge » et de misère.

Catherine n’hésitait pas, en ces temps peu miséricordieux, à faire appel à des hommes de main pour se débarrasser de ses « problèmes » et de ceux qui en sont la cause.
Parmi ces hommes, un certain Jean, était employé en tant que boucher désosseur dans les abattoirs proches des Tuileries (ce qui lui valut le surnom de Jean l’Ecorcheur).

Malheureusement, Jean commençait à en savoir un peu trop sur les petites affaires de la reine. Elle confia son sort entre les mains d’un autre serviteur : de Neuville qui s’y repris à trois fois dans l’assassinat de l’Ecorcheur.

Avant de mourir, il promit de revenir pour se venger et maudit le château.
« Je reviendrais » avait-il proféré avant de trépasser.

Le crime accomplit, de Neuville se dirige vers les bureaux de la reine afin de lui rapporter que Jean est mort.
Sur le chemin, il sentit comme une présence qui le suivait.

La légende nous explique qu’en se retournant, de Neuville vit Jean l’écorcheur debout et face à lui, couvert de sang et le regardant de façon menaçante : c’est la première apparition de celui que l’on appelle également l’homme rouge, le fantôme de Jean l’Ecorcheur.

Pour se protéger, il brandit son épée qui, au lieu de se planter dans le corps de Jean, fut plantée dans le vide. Jean disparu instantanément !

Horrifié, il retourna sur le lieu de son assassinat mais n’y trouva qu’une mare de sang, le corps avait disparu. Il fouilla les environs mais la dépouille de l’Ecorcheur restait introuvable.

Ayant trouvé la reine, de Neuville lui rapporte son effroyable aventure, Catherine semble être amusée. Habituée aux histoires d’esprits et de fantômes, elle avait dans son entourage un conseiller en astronomie : Cosme Ruggieri.


Lors d’un entretien avec Catherine, il vit apparaître un spectre rouge qui lui expliqua qu’il connaissait l’avenir des Tuileries en précisant qu’il était déterminé à chasser Catherine du château. Il annonça également la mort prochaine de la reine.
On dit que la vision de l’homme rouge serait l’annonce d’une terrible nouvelle, d’un drame ou de sa propre mort.

Si vous n’êtes pas convaincus, certains grands hommes ayant vécu aux Tuileries l’auraient rencontré avant le drame de leur vie :
Marie-Antoinette, femme de Louis XVI et reine de France vit son spectre, nous connaissons tous son triste sort …..
Napoléon Bonaparte en fut également la « victime » puisque l’homme rouge lui est apparu la veille de sa défaite à Waterloo.
Louis XVIII eut également sa « visite » quelques jours avant sa mort.

Alors, hasard ou coïncidence ?

Ce qui est sûr c’est que le fantôme était très attaché au palais des Tuileries. Tellement d’ailleurs qu’il disparut avec le château dans son dévastateur incendie lors de la Commune de Paris (1871).


Depuis le 23 Mai 1871, l’homme rouge serait volatilisé. Il est inutile de venir nous voir pour nous dire que vous avez croisé le copain de l’homme vert des catacombes aux alentours du jardin des Tuileries, on ne vous croirait pas !

dimanche 24 avril 2016

Le troublant Allan Kardec

Lors d’une de mes expéditions au cimetière du Père Lachaise, mon attention s’est portée sur un étrange ballet autour d’une tombe, celle d’Hippolyte Léon Denizard Rivail plus connu sous le nom d’Allan Kardec.

Allan Kardec

En plus d’avoir été fascinée par le côté imposant de sa sépulture, j’ai été comme impressionnée par l’atmosphère du lieu et de l’inscription apposée :
« Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la Loi ».

Kardec se fit appeler ainsi car il croyait fermement qu’il avait eu des vies antérieures. Lors d’une séance d’évocation à l’aide d’un médium, un esprit, un certain Zéphir se serait manifesté à lui :
« Nous vivions tous deux ensembles il y a bien longtemps dans les Gaules. Nous étions amis, tu étais druide et t’appelais alors Allan Kardec... ».

Après avoir découvert la pratique des tables tournantes aux Etats-Unis en Mai 1855, il fut l’initiateur du spiritisme en Europe.

Il est convaincu qu’il est capable, par le biais de médiums, de rentrer en contact avec les esprits pendant des années et souhaite enseigner cette pratique à d’autres.

Il devient alors écrivain. Son premier ouvrage connu un franc succès : le « Livre des Esprits » paru en 1857 puis « Le livre des médiums » en 1861…. Au total, il en publiera 5 de son vivant (perpétuellement réédités).

Il fonde également la « Revue Spirite », magasine qui est encore publiée en plusieurs langues.

Revue Spirite

Il meurt d’un anévrisme en 1869, laissant nombre d’articles non terminés qui furent regroupés et publiés en un ouvrage sous le nom de « Les œuvres posthumes d’Allan Kardec ».

On peut voir l’influence de ce mouvement spirituel car aujourd’hui encore de nombreuses personnes viennent se recueillir, poser leurs mains sur l’une ou l’autre des épaules de son buste, derrière sa tête…

Certain de sa pratique, c’est lui-même qui aurait initié ce rituel en prononçant ces mots (légende ?) :
« Après ma mort, si vous passez me voir, posez la main sur la nuque de la statue qui surplombera ma tombe, puis faîtes un voeu. Si vous êtes exaucé, revenez avec des fleurs. »

Aux vues des visites, il semblerait que l’homme ait influencé le monde entier, notamment les Antilles mais surtout la population brésilienne qui semble lui accorder un temps précieux lors des séjours dans notre capitale. Il paraîtrait même que des célébrités telles que Victor Hugo ou Théophile Gautier aient pratiqué des séances de spiritisme croyant fermement y trouver des réponses que la science est incapable de fournir.

Néanmoins, afin d'éviter tout engouement, derrière sa tombe, on peut trouver ce message de la Mairie de Paris : 

Cliquer sur l'image pour agrandir

Lors de ma dernière visite, j’ai eu l’occasion de discuter avec un « habitué » du cimetière et un employé qui m’ont confié voir un homme revenir tous les jours. L’inconnu veille à la propreté de la sépulture et sur les fleurs déposées. C’est une des tombes les plus fleuries du cimetière.

Tombe fleurie d'Allan Kardec

Il semblerait aussi, qu’un homme (le même ?) vienne tous les jours se recueillir, restant longuement devant le lieu, se murant dans un silence parfois si intense qu’il n’accorde aucune attention aux passages : recueillement, prière, invocation ?

lundi 18 avril 2016

L'homme vert des catacombes

Il existe une légende rattachée aux catacombes (même plusieurs).

Apparue à la fin du XVIIIème siècle, il semblerait que des travaux étaient effectués en souterrain pour consolider le sol de Paris et trouver des pierres destinées aux voies et aux bâtiments publics de Paris.

Il semblerait que lors de ces travaux, les carriers, bonshommes travaillant dans les galeries souterraines pour remonter ces pierres en surface, furent surpris par une bête à cornes, avec des pieds de bouc et une queue. Ce personnage diabolique serait tout vert et, plus étrange encore, serait difficilement visible clairement.

On dit qu’il a pour habitude de surgir des puits ou des caves, passant furtivement derrière vous tout en laissant la trace de ses pieds nus après son passage. Il porterait malheur à quiconque l’aperçoit... Certains parlent d’un an de malédiction.


Cette légende est encore très ancrée notamment dans la grande famille des Cataphiles. Certains d’entre eux parlent même d’expériences étranges où ils ressentent une présence derrière eux qui disparaît quand ils se retournent pour voir de quoi il s’agit.

Personnellement, je n’ai jamais ressenti de telles choses lors de mes descentes dans les catacombes, mais, peut-être que celui-ci ne se manifeste que dans un secteur bien particulier ? Après tout, c'est un vaste monde souterrain. Si l'on m'avait avertie avant, j’aurais peut-être cherché à faire cette rencontre du troisième type ?!?

C’est raté !

dimanche 17 avril 2016

La légende de Saint-Denis, premier évêque de Paris

Denis aurait été envoyé en Gaule depuis Rome afin de prêcher la « bonne parole » au peuple gaulois.

Il fit construire une cathédrale et convertit les habitants au Christianisme.

Nous sommes dans une période trouble où Paris est régie par les païens et les chrétiens persécutés.
Rome, voyant Denis agir courageusement au nom de la religion est nommé évêque.
Denis, tout comme ses condisciples sont jugés à mort par les prêtres païens qui n’apprécient guère leur présence et le succès que connaît le Christianisme à Lutèce (le Paris romain). Le jugement est rendu, ils seront décapités.


Afin d’éviter de trouver les dépouilles dans la Seine, une riche romaine païenne, Catulla, vole les corps pour les enterrer dans ses terres.

L’histoire raconte que vers l’an 450, Denis fut décapité sur les hauts de Montmartre, aux environs de la place des Abbesses aujourd’hui.

Une fois la tête coupée, il se leva, ramassa sa tête qu’il garda précieusement dans ses mains et marcha vers le Nord en passant par la rue Mont-Cenis (qui se nommait auparavant la rue Saint-Denis). Il s’effondra 6 km plus loin…. à Saint-Denis.

La basilique Saint-Denis aurait été édifiée à l’endroit même où il poussa son dernier soupir.
On peut croiser sa statue dans beaucoup d’endroit à Paris et à Saint-Denis car c’est le grand patron de ces deux cités (au-même titre que Sainte-Geneviève est la patronne de Paris).

Sur la Cathédrale Notre-Dame de Paris
Si vous avez des maux de tête, il est utile de connaître son existence et pourrez mander son assistance car on dit de lui qu’il est également le saint patron des migraines…